Open badges et reconnaissance professionnelle

Publié le 13/01/2022

Remplacer les diplômes par la reconnaissance numérique d’une compétence, les “open badges” questionnent. Marie-Christine Bureau & Carole Tuchszirer dans le magazine « la vie des idées » revisitent l’usage de ces badges numériques de leur création à leurs déploiements dans le plan d’investissements dans les compétences (PIC).

 

Qu’est-ce qu’un open badge ?

Un open badge, c’est un fichier numérique où sont enregistrées des informations (métadonnées) spécifiquement liées à des compétences, des  réalisations acquises par le biais d’un apprentissage formel et informel.

Sous forme d’image digitale, l’open badge représente ainsi une déclaration et une validation numérique des compétences et des connaissances d’une personne. On peut recevoir un open badge à l’issue de tout type d’apprentissage : une conférence en ligne, ou une session de formation plus traditionnelle suivie dans un espace « physique ».

Les utilisations sont multiples. Il peut servir à

  • Motiver à développer de nouvelles compétences.
  • Valoriser des techniques ou postures.
  • Mesurer/certifier des compétences.
  •  Avoir une reconnaissance pour des accomplissements et expériences.

 

D’où vient les opens badges ?

L’open badge a été lancé dans le grand public en 2011 par la Fondation Mozilla, comme un outil innovant de validation digitale des compétences. En France, il a commencé à vraiment émerger vers 2015, avec le concours de l’association Reconnaître, fondée en 2018 pour « bâtir une société de la reconnaissance ». Un réseau s’est créé : « Badgeons la Normandie ». D’autres régions ont suivi, avec par exemple « Badgeons le Centre Val de Loire », et en 2021 « Badgeons les Hauts-de-France ».

 

Qui sont les acteurs ?

Les acteurs engagés dans la promotion et la diffusion des open badges proviennent de deux milieux : les milieux du numérique, plus précisément le monde du Logiciel Libre, et les milieux éducatifs, en particulier le domaine de l’ingénierie pédagogique et le mouvement de l’éducation populaire.

Ainsi des universitaires, des enseignants, des éducateurs, mais aussi des organismes tels que les fablabs, les structures de l’IAE (Insertion par l’activité économique), les CIBC (Centres interinstitutionnels de bilans de compétences) ou le réseau des APP (Ateliers de pédagogie personnalisée s’impliquent dans ces réseaux dédiés à la reconnaissance de la compétence par le numérique.

 

Quels usages pour les badges dans le PIC ?

Les premiers retours d’expérience de l’usage des badges par le Programme d’Investissement dans les Compétences permettent d’avancer quelques pistes de réflexion.  L’usage principal se situe non pas au niveau d’une reconnaissance d’apprentissage passés mais s’inscrivent dans une perspective de mobilité visant à enclencher, faciliter des transitions professionnelles.

Les porteurs de projets du PIC utilisent les badges dans une logique de type instrumental visant à expérimenter des nouvelles modalités d’insertion sur le marché du travail pour des publics qui en sont éloignés.  Des badges dans des parcours de reprise de confiance en soi pour des demandeurs d’emploi, des badges comme outil de recrutement pour favoriser l’intégration professionnelle des réfugiés expérimentés par plusieurs missions locales, les expérimentations se multiplient.

L’enjeu est de reconnaitre des talents autrement pour des publics très éloignés du marché du travail et ainsi répondre aux difficultés de recrutement des entreprises en présentant d’autres modalités de sélection.

 

 

 

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